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Création : Evous


Et ils écrivent sur les murs des poèmes vivants !

Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Dessin : MashaS Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Dessin : MashaS Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Dessin : MashaS Et ils écrivent... à Ruffec, La Canopée (16) 2012. Dessin : MashaS

Une idée originale de Denis Tricot
Comédien : Jacques Templeraud
Peintre : Masha S.
Sculpteur gestuel : Denis Tricot

Nous improvisons en duo devant des murs de la ville. Corps, gestes et arcs engagés, nous écrivons ici nos poèmes et fabriquons un théâtre non textuel. Jacques est du théâtre d’objet, de la manipulation du tout petit et de l’invisible. Denis anime et sculpte l’espace de ses arcs monumentaux. Masha, spectatrice-actrice, regarde, peint, dessine et collecte les poèmes vivants les uns après les autres. Trois jours passés ainsi et le quatrième, de retour au théâtre, le duo joue l’ultime poème au coeur de tous les autres exposés à l’entour, dans un envahissement de lignes et de couleurs.


La poésie, un matériau à modeler
La poésie ne se définit pas. Elle se reçoit et se perçoit. Presque palpable, ressentie par une très large frange des publics de tout ordre que j’ai pu rencontrer dans de multiples lieux et dans de multiples situations, je la vis comme une matière modelable, le matériau du fabriquant de spectacle, de l’artiste qui cherche à faire naître l’émotion au sein d’une population. C’est elle qui allume les lumières de l’oeil, ouvre les fenêtres dans les têtes, grise les oreilles.
Cette création veut montrer que la poésie se niche dans toutes les expressions artistiques, qu’on ne peut la réduire au seul texte écrit, aux seuls mots, aux seuls poèmes. Nous présentons des poèmes en 4 dimensions, les 4 dimensions du spectacle vivant, auxquelles on accroche la dimension du social ; les gens. On rencontre des situations poétiques, des films poétiques, des images poétiques, pourquoi ne pas écrire dans l’abstraction, sur l’impalpable du temps partagé avec nos publics, des poèmes qu’on ne lira pas, qu’on n’entendra pas ou si peu, mais qu’on vivra.
Ne travaillant pas avec les histoires, peut-être suis-je plus sensible aux situations, formes, sons poétiques. L’histoire dans le théâtre, comme le rythme et la mélodie dans la musique, accapare l’attention, la pensée et ensuite envahit le souvenir. On ne débat plus du théâtre que l’on voit mais de l’histoire qu’il nous a livrée. Les situations abstraites laissent la poésie apparaître dans la musique du volet qui claque, dans le cri de la mouette, dans la percussion de la goutte d’eau pour ne parler que musique. Que peut-on dire de l’image du petit arbre bien découpé sur l’horizon ou des virevoltes colorées des tableaux de Masha S. s’édifiant contre toutes les lois de la pesanteur dans un étonnant équilibre ? Jacques Templeraud a toujours été pour moi un personnage poétique. On ne peut pas taxer de lourdeur un homme qui fait un spectacle avec pfuit ! pfuit !. Lorsque nous avons joué notre duo au festival Géo Condé, festival des formes animées du TGP de Frouard en Lorraine, nous avions deux vestes, étriquée pour lui, trop large pour moi et 8 arcs de peuplier de 3 m de haut. Ce pionnier du théâtre d’objet en France n’a gardé pour jouer que ses deux mains et ses deux pieds plus un bout de voix. Les objets, la manipulation, c’est pour moi. Et pour nous le constat surprenant que les spectacles que nous enchaînions dans tout type de lieux, étaient tout à fait des poèmes vivants, accrochés à la même évanescence, à la même relation à l’indéfinissable, à la même façon de se planter dans le souvenir au chapitre du questionnement imagé et chaleureux. Tout à fait poèmes vivants, tout à fait indéfinissables comme la poésie, tout à fait capables comme elle de faire décoller les têtes. Avec un partenaire qui joue le théâtre comme un Pierrot sur sa lune, il ne me reste plus qu’à offrir des quartiers d’arc.
Ecrire, écrire. Nous sommes saisis par l’écriture. Ce n’est pas une raison pour lui abandonner le monopole de la poésie. Nous voulons affirmer : les murs sont des repères de poésie ! Notre écriture à nous, c’est l’action théâtrale. Nous proposons de transformer tous les murs de la ville qu’on voudra nous confier en murs de fond de scène pour notre théâtre. Nous allons planter des théâtres dans tous les coins de la ville, au moindre pan de mur, à condition que l’habitant, le quartier, les copropriétaires, le commerçant, l’admirateur ou le fidèle de cet assemblage de pierre ou de bois magnifique ou en ruine nous le prête. Ils nous le confient pour quelques poignées de minutes et ils viennent voir avec parents et amis. Peut-être viennent-ils voir comme Masha avec pinceaux et crayons. Peut-être prennent-ils appareil photo ou carnet à écrire ou caméra ! A la fin, nous leur proposerons d’exposer leur collecte de poèmes avec ceux de Masha dans le vrai théâtre autour du vrai mur de fond de scène où, dans la dernière poignée de minutes, nous tracerons notre dernière cage à oiseau sans barreau.
D.T.

Préfiguration avec Du tout petit au vraiment trop grand, Théâtre Gérard Philipe, Frouard (54).

La Canopée, Ruffec, 2012