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Création : Evous


Collège des Bernardins, Paris, 2013

Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Domitille Chaudieu Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Domitille Chaudieu Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Domitille Chaudieu Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Adeline Pierrat Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Adeline Pierrat Collège des Bernardins, Paris, 2013. Ph. Adeline Pierrat

Trio d’hommes pour une lutherie monumentale
Eric Cordier, musicien
Gill Viandier, danseur
Denis Tricot, sculpteur

Grandeur nature est un spectacle transversal mélangeant nos pratiques dès la conception de la sculpture-instrument. Il s’élabore à trois à l’amorce de la construction, à la pose du premier câble, de la première planche, du premier capteur sonore, de la première enceinte acoustique. Danseur, musicien, sculpteur bâtissent ensemble. Ils projettent dans la sculpture la musique et la danse que déjà ils ébauchent, dessinant dans l’espace le spectacle qui s’annonce.
Les trois corps s’engagent dans l’instrument monumental. Les rôles basculent et se bousculent dans la liberté de la formule ouverte. Les acteurs deviennent tour à tour musiciens, danseurs, personnages d’une histoire qui renvoie chaque spectateur à son imaginaire. Les gestes, qu’ils soient producteurs de musique ou volontairement dansés entrent en dialogue et résonnent étroitement avec la surprenante forêt sonore dynamique et ludique qui envahit l’espace de représentation. Les sons ouvrent les écoutes, la sculpture étrange et familière happe l’attention, les regards fouillent et rebondissent, stimulés par l’abondance.

Historique
Nous construisons des sculptures-instruments dont la caractéristique est de dépasser l’échelle humaine. Ce sont des instruments de musique à habiter.
Depuis 2003, avec l’Orgue de bois nous engageons une véritable aventure. Plus de 35 instruments mesurant jusqu’à 60m de long, 8m de haut, des sons étranges, telluriques parfois, des souffles, des cordes longues qui battent, une musique de volets qui claquent, de cris de baleine, de barrissements, une musique de la matière qui vibre, cogne, frotte et balance. Grandeur nature poursuit cette aventure de la lutherie monumentale contemporaine avec matériaux archaïques : une recherche au cœur des pratiques de la musique électroacoustique et bruitiste dans le mouvement de l’improvisation, une recherche pour une musique libre et inventive avec un instrument qui sait évoluer à chaque idée musicale nouvelle. En construisant en trio de nouveaux instruments libres dans leur facture et dans leur dimension, nous concentrons toutes les composantes fondamentales des projets précédents et ouvrons notre propos à tous les lieux, intérieurs ou extérieurs.

Geste
Nos instruments monumentaux demandent un engagement de tout le corps. Souvent plusieurs mètres séparent deux postes de jeu. Dans la genèse du projet, l’instrument, par sa dimension, a tout de suite entraîné le sculpteur et le musicien dans des gestes amples, des déplacements rythmés par les nécessités du jeu. Il s’est révélé être plus qu’un simple instrument outil de production musicale car il bouge, s’anime de mouvements qui interagissent avec les acteurs sur la matière sonore, ouvrant la pratique à une dimension chorégraphique. L’arrivée d’un danseur contemporain dans l’équipe a porté plus loin encore la production gestuelle - production sonore. L’expression se développe à partir du geste avec une nécessaire connivence, dans une interaction totale qui provoque un mélange, une transversalité qui aboutit à la composition instantanée.

Un spectacle de scène
Par la force de la sculpture monumentale nous inscrivons intimement notre propos dans un site, ouvrant le dialogue avec lui pour que notre musique devienne sa musique et que la magie de la danse devienne sa magie. Nous improvisons pour rester dans l’écoute du lieu, pour faire œuvre unique de ce temps-là dans ce lieu-là.
Lors de la première résidence au Centre de Beaulieu à Poitiers en octobre 2009, nous qui sommes habituellement de l’extérieur, nous installons notre instrument sur scène. Habitués à produire avec les perturbations et stimulations de l’espace public, nous prenons plaisir à donner à voir et à entendre exactement ce que nous souhaitons, trouvant le silence pour les nuances sophistiquées, les crescendo et décrescendo extrêmes, le noir et les lumières pour magnifier la sculpture. Nous inscrivons un spectacle de scène dont la dramaturgie s’installe graduellement au cours du cheminement de l’improvisation. Et toujours la fragilité de la perpétuelle découverte, l’équilibre étonnant, l’étrange force de ce qui se fabrique à vue.

La sculpture-instrument demeure un lieu d’invitation pour d’autres danseurs, musiciens, improvisateurs, un lieu ouvert aussi pour le public qui peut explorer et pratiquer, laisser parler toute sa curiosité.