sculpture - arts mélangés
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prochaines dates :
> Sculptures et improvisation - Jardins de l’Abbé, Lunéville (54). Programmation du Théâtre de la Méridienne. - vendredi 10 septembre 2010
> Sculptures éphémères envahissantes - Ecluse St Pierre à Toulouse, Chemin(s) d'eau - dimanche 19 septembre 2010
> Actions et workshop - Fierce Festival Caravan of artists Birmingham (GB) - vendredi 24 septembre 2010

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Création : Evous


grandeur nature

centre de Beaulieu, Poitiers, 2010
centre de Beaulieu, Poitiers, 2010

Trio d’hommes pour une lutherie monumentale
Eric Cordier, musicien
Gill Viandier, danseur
Denis Tricot, sculpteur

Grandeur nature est un spectacle transversal mélangeant nos pratiques dès la conception de la sculpture-instrument. Il s’élabore à trois à l’amorce de la construction, à la pose du premier câble, de la première planche, du premier capteur sonore, de la première enceinte acoustique. Danseur, musicien, sculpteur bâtissent ensemble. Ils projettent dans la sculpture la musique et la danse que déjà ils ébauchent, dessinant dans l’espace le spectacle qui s’annonce. Les trois corps s’engagent dans l’instrument monumental. Les rôles basculent et se bousculent dans la liberté de la formule ouverte. Les acteurs deviennent tour à tour musiciens, danseurs, personnages d’une histoire qui renvoie chaque spectateur à son imaginaire. Les gestes, qu’ils soient producteurs de musique ou volontairement dansés entrent en dialogue et résonnent étroitement avec la surprenante forêt sonore dynamique et ludique qui envahit l’espace de représentation. Les sons ouvrent les écoutes, la sculpture étrange et familière happe l’attention, les regards fouillent et rebondissent, stimulés par l’abondance.

Historique
Nous construisons des sculptures-instruments dont la caractéristique est de dépasser l’échelle humaine. Ce sont des instruments de musique à habiter.
Depuis 2003, avec l’Orgue de bois nous engageons une véritable aventure. Plus de 35 instruments mesurant jusqu’à 60m de long, 8m de haut, des sons étranges, telluriques parfois, des souffles, des cordes longues qui battent, une musique de volets qui claquent, de cris de baleine, de barrissements, une musique de la matière qui vibre, cogne, frotte et balance. Grandeur nature poursuit cette aventure de la lutherie monumentale contemporaine avec matériaux archaïques : une recherche au cœur des pratiques de la musique électroacoustique et bruitiste dans le mouvement de l’improvisation, une recherche pour une musique libre et inventive avec un instrument qui sait évoluer à chaque idée musicale nouvelle. En construisant en trio de nouveaux instruments libres dans leur facture et dans leur dimension, nous concentrons toutes les composantes fondamentales des projets précédents et ouvrons notre propos à tous les lieux, intérieurs ou extérieurs.

Geste
Nos instruments monumentaux demandent un engagement de tout le corps. Souvent plusieurs mètres séparent deux postes de jeu. La longueur des bras ne suffit pas. Il faut courir, passer dessous, dessus un fil de bois, pincer la corde haute, entretenir de tout le corps un long balancement. L’association avec un danseur contemporain a porté plus loin encore la relation production sonore – production gestuelle. L’instrument bouge, s’anime de ses propres mouvements qui interagissent avec les acteurs sur la matière sonore. L’expression visuelle et sonore se développe à partir du geste avec une nécessaire connivence, dans une interaction totale qui provoque un mélange, une transversalité que l’on apprend à contrôler pour accéder à la composition instantanée.

Un spectacle de scène Par la force de la sculpture monumentale nous inscrivons intimement notre propos dans un site, ouvrant le dialogue avec lui pour que notre musique devienne sa musique et que la magie de la danse devienne sa magie. Nous improvisons pour rester dans l’écoute du lieu, pour faire œuvre unique de ce temps-là dans ce lieu-là.
Lors de la première résidence au Centre de Beaulieu à Poitiers en octobre 2009, nous installons notre instrument sur scène, et nous qui sommes plutôt de l’extérieur, nous goûtons au confort du noir et du silence, à la qualité des lumières obligeamment composées. Nous donnons à voir et à entendre exactement ce que nous souhaitons, trouvant le plaisir des nuances sophistiquées, des crescendo et décrescendo extrêmes. Nous inscrivons là un spectacle de scène dont la dramaturgie s’installe graduellement au cours du cheminement de l’improvisation. Et toujours la fragilité, l’équilibre étonnant de l’écriture instantanée, l’étrange force de ce qui se fabrique à vue.
Dans le projet Grandeur nature, nous imaginons toujours pouvoir :
- construire en une journée
- accorder l’instrument, les corps dans l’espace et faire spectacle le deuxième jour
Une formule qui retrouve la vivacité des arts mélangés.